Il y a des jours, comme ça, où nos espérances n’aboutissent plus, où nos yeux ne trouvent plus d’horizon et où personne ne semble à notre écoute. Il y a des jours, comme ça, où l’on a des envies de meurtres en regardant un couteau de cuisine. Il y en a où on pleure intérieurement, la gorge serrée, qui se s’estompe ensuite, après s’être fait une raison et avoir écoulé notre trop-plein de larmes dans le plus profond de notre petite âme. Il y a des jours où on sait que ça ne va pas bien se passer et qu’on ferait mieux de rester seul dans un coin.
Seulement, il y a des gens, comme ça, qui ne savent pas lire les regards et croient bon de rester, même quand on insiste à envoyer des signaux alarmants, pour exprimer un silencieux mais explicite « dégage ». Et puis il y a des gens, comme ça, qui persistent à nous faire chier même quand on leur précise. Il y en a qui s’étonnent que certains gens soient asociaux, mais à la longue, les « grave ! », les « c’est trop abusé ! » et les « trop stylé ! » ça pèse lourd. Il y a des gens qui pensent que la solitude est toujours signe de déprime, et ne comprennent pas que ceux sont eux qui nous agacent.
Alors il y a des endroits, comme ça, où on aime se poser tranquillement sans personne, pour écouter le silence bienveillant et réfléchir à notre petite vie. Il y a des endroits, comme ça, souvent incongrus, mais où l’on s’y sent chez soi, et où l’on peut décompresser. Il y en a qui nous rappellent des souvenirs, alors on y reste en se rappelant, le sourire aux lèvres et la larme à l’œil. Il y a des endroits où on ne se sent enfin plus oppressé.
Mais pourtant, pendant les jours comme ça, il y a souvent de gens comme ça qui nous dérangent et on n’arrive pas à trouver d’endroit comme ça, alors on pète un câble. Puis les regrets arrivent et on se dit qu’on a vraiment pas de cœur. On serre ces petits corps chers contre nous, pour leur faire sentir qu’on a quelque chose dans la poitrine, à part nos poumons et des os. Mais la plupart du temps, on est déçu, car ces petits corps font partie des gens comme ça, comme tout le monde.